Vendredi 14 avril 2006

Je voyage dans mon pays, celui qu’on a appelé «  Le plus beau pays du Monde », celui qui espère avoir dix millions de touristes. Mon voyage , à travers les deux plus grandes villes touristiques marocaines : Essaouira et Marrakech. Un mélange de fierté et de dégoût, un bonheur et une honte d’avoir vu tout ce que j’ai vu.  

 

Essaouira, une ville qui en a ensorcelé plus d’un  

 

Ma première soirée à Essaouira a commencé par une longue marche jusqu’au centre ville, ces lumières, ce vent doux qui me caressait les joues. Je me sentais revivre ; en sécurité. Sur la plage, une bande de jeunes jouent au foot… plus loin du côté du muret, un jeune couple vient de se casser la gueule en essayant de sauter pardessus, je passe à côté d’eux, je leur souris, ils rient aux larmes. C'est à ce moment la que je me rends compte que je n’étais pas seule, hé oui cette fâcheuse habitude de me balader seule dans des villes que je ne connais pas. A ma droite, des jeunes étudiants  de mon ancienne école…Devant moi, des Tunisois… derrières des Algériens de Annaba et d’Alger, tout ce beau monde réunis pour le Ryla du Rotarct (longue histoire à raconter une autre fois peut être).

 

Je me sentais bien dans cette ambiance Maghrébine, ou nous devions justifier chaque mot différent, ou nous riions des accents des uns et des autres, ou nous n’avions qu’un seul souci découvrir l’autre parce que cet autre est différent.  

 

Nous arrivons au centre de la ville où magie et majesté forment le couple idéal dans un silence intimidant. Nous décidons de nous diriger vers un pub. Les étrangers qui nous accompagnais ont tellement entendu parler des nuits torrides de villes marocaines, il était difficile de leur faire comprendre que Essaouira peut tout leur offrir sauf des nuits enflammées, à moins d’avoir la chance d’être les invités d’une Hadra de Gnaoua.  

 

Après quelques verres, les personnes à la quête d’une boite de nuit avaient enfin trouvé la perle rare. Ma seule envie était de monter à la Squalla et regarder la mer sous un ciel indécemment étoilé dans ce silence apaisant … je décide quand même de suivre la masse.  

 

Fourrée dans une petite rue sale de la ville, la boite de nuit ressemblait à un Hammam ou les gens buvaient, se déhanchait tout habillés pour la plupart. Nous avons eu beau supplier le DJ de nous mettre Châabi histoire d’être dans une ambiance « cabaret » qui ne fait pas tâche avec les filles de joies légèrement habillées et très outrageusement maquillées… mais non le DJ voulait sa techno. Le sol tremblais sous nos pieds, ma phobie grandie peu a peu, je commence à nous voir tous écrasés au sol … Je décide de quitter ce lieu ou la jeunesse d’Essaouira vend son corps…  

 

Au lieu de prendre un Taxi, je décide de marcher seule cette fois ci jusqu'à l’hôtel, des larmes coulait sur mes joues à la vue de la mer, des lumières de la ville, le vent qui me caresse les cheveux, je suis fatiguée, je dois dormir, mais cet instant de bonheur me retiens. Je rentre à l’hôtel, monte sur une palissade pour me retrouver sur le toit de ma chambre ; moi qui a toujours le vertige, je me suis sentie à l’abri. Je regardais les autres rentrer au compte goute : quel mauvais goût de chercher une boite de nuit alors qu’il y a tellement plus beau à faire.  

 

Le réveil du lendemain fut plus qu’agréable, pas de réveil de téléphone, pas de voix qui me répète que je suis en retard, juste moi et le soleil qui m’effleurait le visage. Petit déjeuner, et en route vers la ville de tous les mystères. Je gambade la matinée dans les rue de la ville, rentre à chaque magasin, pose des questions ; rigoles avec ces vendeurs qui ont la bonne humeur dans le sang, je me sens à chez moi, pour une fois que je n’ai pas le problème de la langueJ. Je suis reçu comme une reine, à chaque fois que je veux acheter quelque chose on me dit «  C’est le prix pour une fille du pays, bent lablad », mais je marchande toujours, comme a mon habitude. 

 

Je monte à la Squala et là je me Légume une bonne heure sous le soleil, en face d’une mer incroyablement calme. Il y a des gens qui passent à côté … des Marrakchi ; des Fassi ; des Casaoui, des Gawris… les yeux fermés, mon ouïe s’affine et le ronronnent des vagues se fait encore plus distinct, je me sens emportée dans un monde parallèle, ou le temps s’arrête pour me sentir immensément bien, je souris bêtement, j’ouvre les yeux… Voyager c’est ma vie, je reprends ma valise bientôt, ou ?? je ne sais pas encore, seule l’avenir me le dira.  

 

Pause-déjeuner avec le reste du groupe et Nass al Riwan comme fond musicale. Un bon Tagine, un thé sans menthe digne de la région ; mon bonheur ne fait que s’accentuer.  

 

L’après-midi, longue balade pieds nus sur cette plage à l’allure d’une vierge effarouchée… qui résiste malgré tout aux agressions des nombreux visiteurs.  A quelques mètres du rivage, une ile trône fièrement au milieu de l’océan. L’ile interdite…maudite par son bagne… La prochaine fois je ferai tout pour avoir l’autorisation d’y débarquer.  

 

Des gamins devant moi ont l’air de se disputer, je suis la scène de loin, quelque chose brille dans la main du plus petit, une jeune femme qui passait a cote s’arrête ; commence à parler au garçon, je m’approche  

 

La jeune fille : Lâche ce bout de verre s’il te plait tu vas te faire mal 

Le petit garçon : Je veux m’ouvrir les veines avec ; c’est quoi ton problème ??? 

La jeune fille : Mais non a baba, au lieu de frapper tes amis ou de te blesser avec ce bout de verre, ramène les autres bouts de verre sur le trottoir et mets les de cotes.  

 

Et là, elle lui prend la main délicatement ; enlève doucement le bout de verre tout en tenant l’enfant par la main, met le bout de verre sur le bas-côté, fait un gros câlin à l’enfant. Et comme par miracle, l’enfant et ses compères commencent à ramasser les bouts de verre dans un calme religieux. J’étais arrivé au niveau de la scène, et à ma totale stupéfaction, cette jeune femme n’était personne d’autre que ma sœur ainée. Elle qui a horreur quand mon frère et moi jouons des jeux brutaux ; elle a réussi un petit miracle qui ne durera  sans doute qu’un laps très court de temps. Je n’aurai pas eu le courage de faire ce qu’elle a fait.  

 

Le soir, diner au Resto du Port avec un comité restreint d’amis. Petit clou de la soirée ; la présence de notre ami musicien qui sait faire parler tous les instruments, qui joue avec  sa voix au grés de celui qui l’écoute, de Aznavour à Mami, de la Musique Andalouse a Najat Atabou, du Rarnati a Abdel Halim, aucune musique n’a de secret pour lui. Plus Marocain que nous tous dans sa culture ; il nous a offert un moment de bonheur au rythme de notre beau patrimoine musicale avec sa mandoline et sa voix de velours. Merci l’artiste J  

 

Pour la première fois de ma vie, je me suis considérée comme une touriste. Je n’ai pas pris la peine de rencontrer les gens et pourtant c’est ce qu’il ya de plus facile pour moi… le contact avec les gens d’Essaouira n’a pas eu lieu. Faute de temps, sans doute… Mais j’avais besoin de me reposer surtout….  

 

Je quitte Essaouira …la prochaine fois j’irai vers les gens… entre temps je me dirige vers…..  

 

Marrakech… tellement belle et unique… et pourtant tu te prostitue….  

 

Jamaa Lefna, place mythique ou tous les troubadours, les artistes mal compris, les marabouts en mal d’inspiration trouvent refuge. Mais Jamaa lefna est aussi là ou les Touristes viennent faire leur shopping… de meubles, de bibelots, de tapis, et dernièrement aussi d’être humain de tous genre : jeunes hommes, jeunes femmes, enfants. Tout est en éternelle exposition.  

 

Entourée de mes amis Maghrébins ; nous décidons de nous diviser en petit groupes pour éviter de se perdre. En véritable touristes, nous faisons le tour des Hal9at…  

 

La première nous fais rire… un jeune homme en caleçon au milieu de la foule…il va d’un bout a l’autre du cercle et crie… c’était ça son spectacle… faire le fou…comme si il y en avait pas assez dans cette ville…  

 

Deuxième arrêt, la Hanaya , les touristes retroussent leur manches ; remontent leurs ourlets… des scorpions, des dauphins, des motifs aléatoires avec ce henné noir pas de chez nous, qui nous vient d’orient et qui ressemble le temps de quelques jours a un véritable tatouage occidental… Vive la mondialisation… Moi j’opte pour la Hanna sur la main ; des deux côtés, en bonne marocaine qui croit à la baraka de cette substance verdâtre et qui bizarrement devient orange une fois sèche. Passage à la caisse, la demoiselle qui nous a barbouillés, si gentille et si délicate au départ,  se transforme en véritable Chatamata- mégère quand je la somme de diviser son prix par cinq. Non pas que je marchandais, mais je connais les tarifs étant grandes amatrice de Hanna… sans aucune honte elle me dit «  Toi tu es de chez nous, alors tu payes le prix que tu connais, mais laisse moi profiter des autres ». Ne cautionnant pas cette attitude, ma voix se fait plus menaçante et elle cède finalement et me traitant de tous les noms des que j’ai tourne le dos. Je me sentais mal devant mes amis maghrébins, moi qui ai toujours méprisé les Egyptiens pour leur avidité d’arnaquer les étrangers dont je faisais partie.  

 

Arrêt féminin obligatoire chez la Chouaffa , la liseuse de bonne aventure sur les cartes. Pendant qu’elle baratinait mes amies, deux adolescentes attirent mon attention. Assises sur deux chaises minuscules, en jallaba ; les jambes vulgairement écartés laissant entrevoir leur formes pas encore féminines, elles avaient l’air de discuter le langage des yeux… Je suis leur regard, et la je tombe des nus… un bonhomme qui frise la cinquantaine et à l’allure de touriste leur affiche un beau sourire… Je me dois de faire quelque chose… Prostitution ; pédophilie, viole… tous ces mots agressent mon esprit… je me dirige alors vers les deux jeunes gamines et décide d’engager la conversation. Les deux viennent des envions de Marrakech, des montagnes de l’Atlas, ce qui justifie leurs joues roses et cette chevelures doré. Elles prétendent attendre leur tout chez la Hanaya, je sens que je dérange. Le touriste a bizarrement disparu, elles se lèvent, prennent leur petites chaises, et me laissent plantée là avec mon dégout et mon effroi.  

 

Le lendemain, retour a Jamaa Lafna, mais le matin… comme par magie, les artistes ont changé laissant place à des dresseurs d’animaux…serpents et singes…des vendeurs de Shour… et je ne sais plus quoi d’autre… une odeur fétide enveloppe la place. Les étrangers sont partis, j’étais avec mon groupe d’amis d’enfance. Nous jouons aux touristes avertis, en marchandant, en faisant attention à nos sacs et à nos poches… la balade est très agréable… L’image des deux adolescentes de la veille me hante toujours alors je décide de dresser un profil de touristes qui commencent à envahir la place. Des familles, de vieux couples, des jeunes qui on l’air complètement défoncé par un bon joint marocain, et des hommes seuls… Que vient faire un bonhomme seul à Marrakech si ce n’est pour… Je n’ose même pas y penser… Bon oublions tout cela… Le reportage de M6 commence à me jouer des tours…. 

 

Apres un diner sur une terrasse de Jamaa Lefna, nous décidons de partir en boite de nuit. On se retrouve dans l’une des boites les plus huppées de la ville… L’ambiance est un peu morose, pas d’alcool la nuit du Mouloud. On se pose avec nos boissons énergétiques profitant d’une piste quasi vide rien que pour nous. Soudain, le public change… des jeunes filles a moitie nus, vulgairement habillées commencent à débarquer… des groupies qui accompagnent des Gawris blonds aux yeux clairs qui empestent le vice et le fric. Autorisés à boire, eux, l’alcool commence à couler à fond. Le serveur ne fait pas de commentaire sur le fait que toutes ces marocaines descendent des verres de Whiskey ou de Vodka… Néanmoins, il n’hésite pas de faire la remarque au Gawri, histoire de se mettre quelques billets en poche. L’endroit devient malsain, je décide de m’assoir alors que je dansais gentiment sur la piste. Des homosexuelles s’embrassent sur le bar ; un jeune homme et littéralement entrai de déshabiller une fille, mon ami m’explique que c’est juste pour voir la marchandise… j’ai envie vomir, de crier ma rage, de comprendre pourquoi toutes ses filles et ses garçons se vendent de la sorte… Je prends mon sac et vais me refugier dans la voiture.  

 

Je suis une fêtarde comme on dit, j’adore la vie nocturne, les pubs, les boites de nuits… Combien de fois j’ai fait me mur pour me retrouver dans ces boites de nuits ou on l’on est a la merci de la musique ; ou on s’amuse à faire les cons avec ses amis ; ou on danse pour le plaisir de son amoureux et de sois même… Mais ce que j’ai vu ce soir était pire que ce qui se passe au Balcon 33.  

 

Le dernier jour je passe par le un club de loisirs à la sortie de la ville du côté des Palmerais . Il y a dix ans, j’y avais passé les vacances d’été avec ma tante et mes cousins. Encore une fois, à mon grand désespoir, l’endroit est devenu un lieu de vice de luxe. Des fauteuils en blanc ont remplacé les chaises en osiers, des lits immenses ont remplacé les relax, les toboggans sont devenus un moyen Xtrême de jouir des plaisirs de la chair… Les enfants qui barbotaient dans la piscine ont abondoné la place à des filles de moeurs légères se dorant au soleil avec un string pour seule protection, les familles ont laissé le champ libre à des hordes  de jeunes saouls et shootés à la blanche…La gentille jeune femme de l’entrée qui offrait des ballons à tous les enfants a cédé son poste à un videur qui fait peur même aux adultes .   

 

Je n’en pouvais plus de ses images de cette jeunesse perdue … Je ne pouvais pas croire que mon pays était devenu la nouvelle Thaïlande… Plus proche et moins chère… Où sont les autorités ??? Où sont ces maudites estafettes qui m’arrêtent chaque vendredi pour me demander qui est jeune homme à mes côtés ??? Ou sont les merdeux de puritains qui nous rabâchent avec leurs valeurs et leur religion? Où sont ces Mme Tazi à la tête d’associations caritatives qui distribuent 2 culottes aux même orphelinats à chaque Achoura pour se donner bonne conscience? Où sont ces parents, ses profs qui ont lâché l’éducation et les valeurs  de nos enfants?   Où étais-je, pour ne pas voir cela venir et croire que mon pays pourrait atteindre ces 10 millions de touristes grâce à une infrastructure irréprochable et un personnel de qualité.  

 

Malheureusement, l’infrastructure, ce sont les hôtels qui servent de lieu de débauche  les boites et les cafés qui facilitent les rencontres. Le personnel est formé de notre magnifique jeunesse marocaine et bien sûr  de nos enfants

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
ajouter un commentaire commentaires (37)    recommander
Lundi 27 mars 2006

Bon, c'est juste un poste pour remettere certaines personne sur les Rail ;-)

Mon poste n'avait pas pour but d'attaquer ni d'insulter les Rbati, mais juste de parler de ce que j'ai vue, et de ce que j'ai vecu lors de ce concert. Alors pour ceux qui m'insultent directement sur mon blog sans aucune raison, je vous dis simplement, si vous etes tellement fier de votre Rabattitude, comme je le suis de ma Casattitude, creez vous un blog et arretez de squater le mien pour poster (en anonymes) vos commentaires denues de sens ;-).

A part ca vous me faites vraiment rire, surtout ceux qui ont le meme IP et qui postent des commentaires insultants sous des pseudonymes differents ;-). Autre chose, au lieu d'insulter, partagez avec nous vos impression de l'ambiance de Rabat  qui vous tiens tellement a coeur,. peut etre que ca aidera a nous rapprocher ;-)

Vive le Maroc

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
ajouter un commentaire commentaires (9)    recommander
Dimanche 26 février 2006

Son pays lui manquait, sa famille, ses amis, sa vie au pays…Mais sa vie est complètement chamboulée…Les valeurs en quoi elle croyait, les personnes en qui elle avait une confiance aveugle, naïve  même l’ont déçue.

 

Elle en avait assez d’être « la marocaine », elle voulait se retrouver auprès de siens. Elle se rend compte les premiers jours qu’elle avait idéaliser sa vie d’avant le Caire. Que ce break n’avait pas change grand chose finalement.

 

Durant ces six mois, elle a beaucoup apprit, elle a remis de l’ordre dans sa vie, elle a su ce qu’elle voulait exactement et surtout ce qu’elle ne voulait pas…apparemment les quelques mois on été salvateur pour elle…Les autres la voient toujours de la même manière. Aussi impulsive que fragile, aussi naïve que superficielle.

 

Elle sait qu’elle a eu de la chance, elle sait qu’elle a mérite cette chance…pourtant les autres ne le voient pas de cet œil…elle a envie de repartir… de fuir encore une fois…mais elle ne reviens jamais sur ces pas, elle ne s’avoue jamais vaincu…Les autres la font souffrir, elle se sent seule et menacée, elle se sent incomprise et méprisée …elle est fatiguée.

 

Elle qui traçait sa vie au Caire …se retrouve perdue a Casa. Plus aucun repère. Même son travail qu’elle adore a complètement change. Seule avantage, personne n’ose venir lui parler, comme si elle était une nouvelle, pourtant elle fait partie des plus anciens.

 

Le seul endroit ou elle s’est sentie chez elle, c’est a la Corrida…Ce magnifique restaurant espagnole qui lui a tant manque… Ironie du sort, elle qui adore être entourée, s’y est rendu seule. Il faut dire qu’elle en avait besoin. Ici, c’est un luxe de se retrouver seule. Seule… en musique de fond Paco…La guitare….Seule… Elle se sens en sécurité, elle se sens protégée par ce couple qui possèdent « Son petit coin de paradis ». Elle passe la soirée a ne penser a rien, même pas au passe. Apres tout elle savait qu’elle a toujours très mal réagit aux périodes transitoires, et qu’elle finit toujours par retrouver son chemin…Cette fois ci, elle n’a pas droit a l’erreur… elle se l’était promise.

 

Elle passe la soirée a la Corrida… Finalement elle se laisse aller a ses émotions, elle pleurait en silence, elle avait mal, mais elle se sentait en sécurité…elle comprends enfin une chose… Sa vie a beau être bordelique…elle s’en sortiras toujours… tant qu’elle se sens protégée…Sinon c’est la descente en enfer.

 

Elle se reprend, elle sourit, la propriétaire la prend dans ses bras… Elle sait ce qu’elle va faire…elle sait que tout ira pour le mieux…

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
ajouter un commentaire commentaires (24)    recommander
Dimanche 12 février 2006

Mes amis Marocains étaient accompagnés d'un égyptien de la haute classe sociale. Amusant, serviable, ne comprend pas un mot de ce qu'on dit, et traite le marocain de Pas Langue. Jusque la rien de surprenant.

 

 

Nous sommes parti à City Stars, le plus grand Mall du Moyen Orient pour regarder un film égyptien (voir le post précède). Nous avons garé la voiture dans le garage sous terrain.

 

 

En passant par le point de sécurité : détecteur de métaux, détecteur rayons x pour les sacs a main, et bien sur trois vigile dont une jeune fille.

 

 

L'Egyptien en question passe avant nous mais reviens sur ses pas pour s'adresser à la jeune fille. Au départ aucun de nous ne comprenait ce qui se passait mais l'Egyptien commençait a hausser le temps. Je m'approche pour savoir ce qui se passe (Tberguigue oblige) et voila la discussion :

 

 

Lui : " Pendant que tu papotais, je suis passé sans même que tu y fasses attention, j'aurais pu faire passer des armes sous vos yeux "

 

Elle :" La machine n'a pas bipé, et vous n'avez pas a me crier dessus Monsieur"

 

Lui :" Je peux crier si je veux parce que tu n'as pas fait ton travail et j'ai le droit de te dire, et TU NE ME REPONDS PAS…"

 

 

Les gens commencent à se réunir autour de la scène. Les deux autres vigiles sont inexistants, des passants se placent de barrière entre le jeune homme qui se fait de plus en plus menacent physiquement et la jeune fille qui essaie tant bien que mal de se justifier et de lui tenir tête. Un autre jeune homme somme la jeune fille de se taire, pendant ce temps le jeune homme cri toujours, insulte mais sans dire de gros mots, les gens s'arrêtent pour comprendre.

 

 

La scène se termine quand un responsable de sécurité vient aux nouvelles accompagné de 4 autres vigiles. Le jeune homme lui explique ce qui s'est passe et la raison de scandale, ils se saluent chaleureusement. Nous montons voir le film

 

 

Ma première réaction était très admirative de cet Egyptien qui remet en cause ces points de sécurités complètent inutiles. Mais, ce matin en y repensant, je me suis souvenue d'un détail capital. La jeunes fille est la SEULEMENT pour fouiller les femmes. D'habitude, il y a deux passages pour chaque sexe, mais vue qu'il agissait de l'entrée du garage, il n'y avait pas assez d'espace pour mettre en place deux détecteurs de métaux différents.

 

 

En résumé, ce n'était pas la jeune fille qui était responsable du passage du jeune homme, et le jeune homme le était bien entendu au courant vu que c'est un Egyptien.

 

 

Moralité, il est plus facile de s'attaquer à une jeune fille que de s'adresser à deux jeunes hommes qui ne font pas leur travail.

 

 

 

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
ajouter un commentaire commentaires (19)    recommander
Jeudi 9 février 2006

Depuis quelques jours,  je suis dans un état que l'on pourrait qualifier de " Chai pas ce que j'ai". Donc j'ai essayé de réfléchir, à distinguer pourquoi je suis dans cet état.

 

 

Avant chaque analyse, nous devons voir les symptômes. Alors…sourires jaunes, gambadage sur la blogsphère a la recherche de je ne sais quoi, vérification toutes les 30 seconds de ma liste MSN pour voir avec qui j'ai envie de discuter, bref passer le temps. Sortir faire un tour, le Caire ressemble à une grosse bulle pleine de poussière. Rentrer a la maison, pas question de me retrouver comme un légume devant la télévision jusqu'au petit matin.

 

 

Maintenant que j'ai vu les symptômes, je réalise que c'est toujours le même état de " Chai pas ce que j'ai" et " Chai pas quoi faire"

 

 

Hier, je recevais des amies à la maison, elles voulaient me faire une petite fête avant mon départ. Haaaaaa Eurêka, mon départ. Depuis ces derniers jours je me refuse d'y penser. La raison est très simple c'est que je peur de quitter la petite vie que j'ai tracé ici. Je me rends compte que je suis passée par des étapes très importantes qui m'ont permise de m'adapter à la vie au Caire mais aussi a m'adapter aux changements dans ma vie personnelle et professionnelle.

 

 

Durant ces 7 derniers mois, j'ai raté beaucoup de réunions familiales, un mariage, des anniversaires, un ramadan, deux Aids, et un nouvel an. Impact sur mon moral, comme un éléphant qui écrasé une petite fourmi (l'éléphant étant la déprime, la fourmi étant mon morale… je pense que c'est clair). Je souris, ça me rappelle un fameuse blague marocaine qui met en scène un éléphant et une fourmi.

 

 

Je souris. Prenons la côte positive des choses. Qu'est ce que j'ai gagne de ces 6 mois…

 

Découverte sanglante je suis ce qu'on peut définir comme carriériste. Mon travail passe avant tout. Est-ce une bonne chose, oui parce que j'aime mon travail et que je veux percer dans la profession. Mon passage ici ne fera qu'accélérer le processus. Mon retour au Maroc dans une structure plus réduite, moins internationale me cause certains soucis.

 

 

Evoluer dans un environnement conservateur où je ne suis considérée que simple Femme, ou je dois passer par un homme pour me faire entendre. Sacré challenge pour une féministe comme moi. Conclusion de cette expérience, dans le pays de aveugles le borne est roi (L’Egypte étant le pays des aveugles, le borne étant moi). A ma grande déception c'est le cas au Maroc, peur être pas dans les multinationales, mais partout ailleurs. Résolution a prendre: Je continu a défendre mon statut de femme célibataire carriériste et fier de l'être (petit clin d'œil au Journal de Brissette Jones).

 

 

Etre considérée comme étrangère m'a permise de voir certaines choses pourtant tellement drôle ou surprenantes  pour les égyptiens. Le fait que je n’affiche jamais mon appartenance religieuse, que je n’ai pas de préjuges sur les personnes différentes, que je sois aussi enthousiaste de découvrir les pyramides, les mosquées, et les églises, le fait que je considère les juives comme des êtres humains normaux. Ce matin, on m’a dit « Tu sais ce que j’aime en toi, c’est que tu peux être copine avec tout le monde ». Même professionnellement, je vais passer du Ricains super motivant à un Indou que je ne connais pas. Bonjour la mondialisation. Problème :A force de m’adapter à tout le monde, je ne vais pas finir par me perdre ???

 

 

Le retour au bercail. Famille, amitiés, et tout le tralala. Aussi, dois-je m’adapter encore

 

Je vais énumère les sentiment que je ressens. J’ai peur, je suis triste, je suis heureuse, je suis perdue, je suis confiante, je doute en moi, je suis méfiante, je suis rassurée. Bref le bordel (désolée pour le terme).

 

 

En trois ans, j’ai vécu dans deux pays différents, j’ai gagne des amis de toutes les origines…et je ne compte pas m’arrêter la.

 

 

Mais, croyant me connaître, je pensais que j’allais sortir, faire la fête. Mais non je reste cloître chez moi a ne rien faire. Pourquoi ??? Je n’ai toujours pas trouve de réponse.

 

 

Mon anniversaire c’est la semaine prochaine, le jour de la St Valentin. Sans commentaire.

 

 

Je quitte Samedi prochain a 7 heures, a 11 du soir, une nouvelle vie qui commence. Décidément quand est ce que je vais être stable ??? Je suis fatiguée à 24 ans…..

 

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
ajouter un commentaire commentaires (17)    recommander
mesure audience web sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus