Mardi 25 avril 2006

Issa était ce qu'on appelle un office boy, c'est a dire un courssier, un homme a tout faire dans nos bureau. Il savait préparer un café delicieux, et nos discussions quotidienne lui faisait du bien puisqu'il pouvait parler français tout en me faisant confiance. J'ai reçu un e-mail de lui et je veux le partger avec vous... Je vous laisse le soin de lire son mail.... sans le changer...

Hello Jihane,
 
Commnet ça va? hope you are great, je suis éxtremement content de recevoir votre message , j' avais toujour l'idee de vous dire de mes nouvelles mais je n'arrivais pas à trouver l'adress que vous m'aver donné . Well  i m not longer with ....(company) since last month due to some problems that had happened. One of my sisters passed way and i could not deal with my control, then one day i decide to call home just to console the rest of family. at that i had no money to use ,so i used the fone of the company. I thought to talk to Heba but i coul not have courage. After the the monthly bull comes out, Heba ask me if i have called in my country and i replyed say. then she told me that i have to stop working and give them back the salary of that month, and i give them all the salary because th cost of fone call was higher than my salary which was 375 pound.
 
Im not reagreting what i have done because those days i was really mad because of my sister's death that was the insurmontable days to me. But now i m cool.
 
THE GOOD NEWS IS>.....
 
I m happy to tell you that the processes are closer to the end  as I will be leaving  cairo on 15 /05/2006 just 21 days left.
I will stay in BC Vancouver in south-west of canada ,mais laba on parle anglais selement je donnerai tout pour etre capable de suivre mes etudes en anglais c'est pourquoi j'ecris beaucoup l'anglais just comme pratique. I have brought an idea that i should try to find some money to buy closes because here are not as expensive as in canada.
 
I m really happy and happy to read yours and  I will tell you whenever i got there.
 
what are u doing now ? studying , working?.......
 
anywhere have nice day. Merci
 
Issa.
par Jihane publié dans : Coup de Coeur
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Vendredi 14 avril 2006

Je voyage dans mon pays, celui qu’on a appelé «  Le plus beau pays du Monde », celui qui espère avoir dix millions de touristes. Mon voyage , à travers les deux plus grandes villes touristiques marocaines : Essaouira et Marrakech. Un mélange de fierté et de dégoût, un bonheur et une honte d’avoir vu tout ce que j’ai vu.  

 

Essaouira, une ville qui en a ensorcelé plus d’un  

 

Ma première soirée à Essaouira a commencé par une longue marche jusqu’au centre ville, ces lumières, ce vent doux qui me caressait les joues. Je me sentais revivre ; en sécurité. Sur la plage, une bande de jeunes jouent au foot… plus loin du côté du muret, un jeune couple vient de se casser la gueule en essayant de sauter pardessus, je passe à côté d’eux, je leur souris, ils rient aux larmes. C'est à ce moment la que je me rends compte que je n’étais pas seule, hé oui cette fâcheuse habitude de me balader seule dans des villes que je ne connais pas. A ma droite, des jeunes étudiants  de mon ancienne école…Devant moi, des Tunisois… derrières des Algériens de Annaba et d’Alger, tout ce beau monde réunis pour le Ryla du Rotarct (longue histoire à raconter une autre fois peut être).

 

Je me sentais bien dans cette ambiance Maghrébine, ou nous devions justifier chaque mot différent, ou nous riions des accents des uns et des autres, ou nous n’avions qu’un seul souci découvrir l’autre parce que cet autre est différent.  

 

Nous arrivons au centre de la ville où magie et majesté forment le couple idéal dans un silence intimidant. Nous décidons de nous diriger vers un pub. Les étrangers qui nous accompagnais ont tellement entendu parler des nuits torrides de villes marocaines, il était difficile de leur faire comprendre que Essaouira peut tout leur offrir sauf des nuits enflammées, à moins d’avoir la chance d’être les invités d’une Hadra de Gnaoua.  

 

Après quelques verres, les personnes à la quête d’une boite de nuit avaient enfin trouvé la perle rare. Ma seule envie était de monter à la Squalla et regarder la mer sous un ciel indécemment étoilé dans ce silence apaisant … je décide quand même de suivre la masse.  

 

Fourrée dans une petite rue sale de la ville, la boite de nuit ressemblait à un Hammam ou les gens buvaient, se déhanchait tout habillés pour la plupart. Nous avons eu beau supplier le DJ de nous mettre Châabi histoire d’être dans une ambiance « cabaret » qui ne fait pas tâche avec les filles de joies légèrement habillées et très outrageusement maquillées… mais non le DJ voulait sa techno. Le sol tremblais sous nos pieds, ma phobie grandie peu a peu, je commence à nous voir tous écrasés au sol … Je décide de quitter ce lieu ou la jeunesse d’Essaouira vend son corps…  

 

Au lieu de prendre un Taxi, je décide de marcher seule cette fois ci jusqu'à l’hôtel, des larmes coulait sur mes joues à la vue de la mer, des lumières de la ville, le vent qui me caresse les cheveux, je suis fatiguée, je dois dormir, mais cet instant de bonheur me retiens. Je rentre à l’hôtel, monte sur une palissade pour me retrouver sur le toit de ma chambre ; moi qui a toujours le vertige, je me suis sentie à l’abri. Je regardais les autres rentrer au compte goute : quel mauvais goût de chercher une boite de nuit alors qu’il y a tellement plus beau à faire.  

 

Le réveil du lendemain fut plus qu’agréable, pas de réveil de téléphone, pas de voix qui me répète que je suis en retard, juste moi et le soleil qui m’effleurait le visage. Petit déjeuner, et en route vers la ville de tous les mystères. Je gambade la matinée dans les rue de la ville, rentre à chaque magasin, pose des questions ; rigoles avec ces vendeurs qui ont la bonne humeur dans le sang, je me sens à chez moi, pour une fois que je n’ai pas le problème de la langueJ. Je suis reçu comme une reine, à chaque fois que je veux acheter quelque chose on me dit «  C’est le prix pour une fille du pays, bent lablad », mais je marchande toujours, comme a mon habitude. 

 

Je monte à la Squala et là je me Légume une bonne heure sous le soleil, en face d’une mer incroyablement calme. Il y a des gens qui passent à côté … des Marrakchi ; des Fassi ; des Casaoui, des Gawris… les yeux fermés, mon ouïe s’affine et le ronronnent des vagues se fait encore plus distinct, je me sens emportée dans un monde parallèle, ou le temps s’arrête pour me sentir immensément bien, je souris bêtement, j’ouvre les yeux… Voyager c’est ma vie, je reprends ma valise bientôt, ou ?? je ne sais pas encore, seule l’avenir me le dira.  

 

Pause-déjeuner avec le reste du groupe et Nass al Riwan comme fond musicale. Un bon Tagine, un thé sans menthe digne de la région ; mon bonheur ne fait que s’accentuer.  

 

L’après-midi, longue balade pieds nus sur cette plage à l’allure d’une vierge effarouchée… qui résiste malgré tout aux agressions des nombreux visiteurs.  A quelques mètres du rivage, une ile trône fièrement au milieu de l’océan. L’ile interdite…maudite par son bagne… La prochaine fois je ferai tout pour avoir l’autorisation d’y débarquer.  

 

Des gamins devant moi ont l’air de se disputer, je suis la scène de loin, quelque chose brille dans la main du plus petit, une jeune femme qui passait a cote s’arrête ; commence à parler au garçon, je m’approche  

 

La jeune fille : Lâche ce bout de verre s’il te plait tu vas te faire mal 

Le petit garçon : Je veux m’ouvrir les veines avec ; c’est quoi ton problème ??? 

La jeune fille : Mais non a baba, au lieu de frapper tes amis ou de te blesser avec ce bout de verre, ramène les autres bouts de verre sur le trottoir et mets les de cotes.  

 

Et là, elle lui prend la main délicatement ; enlève doucement le bout de verre tout en tenant l’enfant par la main, met le bout de verre sur le bas-côté, fait un gros câlin à l’enfant. Et comme par miracle, l’enfant et ses compères commencent à ramasser les bouts de verre dans un calme religieux. J’étais arrivé au niveau de la scène, et à ma totale stupéfaction, cette jeune femme n’était personne d’autre que ma sœur ainée. Elle qui a horreur quand mon frère et moi jouons des jeux brutaux ; elle a réussi un petit miracle qui ne durera  sans doute qu’un laps très court de temps. Je n’aurai pas eu le courage de faire ce qu’elle a fait.  

 

Le soir, diner au Resto du Port avec un comité restreint d’amis. Petit clou de la soirée ; la présence de notre ami musicien qui sait faire parler tous les instruments, qui joue avec  sa voix au grés de celui qui l’écoute, de Aznavour à Mami, de la Musique Andalouse a Najat Atabou, du Rarnati a Abdel Halim, aucune musique n’a de secret pour lui. Plus Marocain que nous tous dans sa culture ; il nous a offert un moment de bonheur au rythme de notre beau patrimoine musicale avec sa mandoline et sa voix de velours. Merci l’artiste J  

 

Pour la première fois de ma vie, je me suis considérée comme une touriste. Je n’ai pas pris la peine de rencontrer les gens et pourtant c’est ce qu’il ya de plus facile pour moi… le contact avec les gens d’Essaouira n’a pas eu lieu. Faute de temps, sans doute… Mais j’avais besoin de me reposer surtout….  

 

Je quitte Essaouira …la prochaine fois j’irai vers les gens… entre temps je me dirige vers…..  

 

Marrakech… tellement belle et unique… et pourtant tu te prostitue….  

 

Jamaa Lefna, place mythique ou tous les troubadours, les artistes mal compris, les marabouts en mal d’inspiration trouvent refuge. Mais Jamaa lefna est aussi là ou les Touristes viennent faire leur shopping… de meubles, de bibelots, de tapis, et dernièrement aussi d’être humain de tous genre : jeunes hommes, jeunes femmes, enfants. Tout est en éternelle exposition.  

 

Entourée de mes amis Maghrébins ; nous décidons de nous diviser en petit groupes pour éviter de se perdre. En véritable touristes, nous faisons le tour des Hal9at…  

 

La première nous fais rire… un jeune homme en caleçon au milieu de la foule…il va d’un bout a l’autre du cercle et crie… c’était ça son spectacle… faire le fou…comme si il y en avait pas assez dans cette ville…  

 

Deuxième arrêt, la Hanaya , les touristes retroussent leur manches ; remontent leurs ourlets… des scorpions, des dauphins, des motifs aléatoires avec ce henné noir pas de chez nous, qui nous vient d’orient et qui ressemble le temps de quelques jours a un véritable tatouage occidental… Vive la mondialisation… Moi j’opte pour la Hanna sur la main ; des deux côtés, en bonne marocaine qui croit à la baraka de cette substance verdâtre et qui bizarrement devient orange une fois sèche. Passage à la caisse, la demoiselle qui nous a barbouillés, si gentille et si délicate au départ,  se transforme en véritable Chatamata- mégère quand je la somme de diviser son prix par cinq. Non pas que je marchandais, mais je connais les tarifs étant grandes amatrice de Hanna… sans aucune honte elle me dit «  Toi tu es de chez nous, alors tu payes le prix que tu connais, mais laisse moi profiter des autres ». Ne cautionnant pas cette attitude, ma voix se fait plus menaçante et elle cède finalement et me traitant de tous les noms des que j’ai tourne le dos. Je me sentais mal devant mes amis maghrébins, moi qui ai toujours méprisé les Egyptiens pour leur avidité d’arnaquer les étrangers dont je faisais partie.  

 

Arrêt féminin obligatoire chez la Chouaffa , la liseuse de bonne aventure sur les cartes. Pendant qu’elle baratinait mes amies, deux adolescentes attirent mon attention. Assises sur deux chaises minuscules, en jallaba ; les jambes vulgairement écartés laissant entrevoir leur formes pas encore féminines, elles avaient l’air de discuter le langage des yeux… Je suis leur regard, et la je tombe des nus… un bonhomme qui frise la cinquantaine et à l’allure de touriste leur affiche un beau sourire… Je me dois de faire quelque chose… Prostitution ; pédophilie, viole… tous ces mots agressent mon esprit… je me dirige alors vers les deux jeunes gamines et décide d’engager la conversation. Les deux viennent des envions de Marrakech, des montagnes de l’Atlas, ce qui justifie leurs joues roses et cette chevelures doré. Elles prétendent attendre leur tout chez la Hanaya, je sens que je dérange. Le touriste a bizarrement disparu, elles se lèvent, prennent leur petites chaises, et me laissent plantée là avec mon dégout et mon effroi.  

 

Le lendemain, retour a Jamaa Lafna, mais le matin… comme par magie, les artistes ont changé laissant place à des dresseurs d’animaux…serpents et singes…des vendeurs de Shour… et je ne sais plus quoi d’autre… une odeur fétide enveloppe la place. Les étrangers sont partis, j’étais avec mon groupe d’amis d’enfance. Nous jouons aux touristes avertis, en marchandant, en faisant attention à nos sacs et à nos poches… la balade est très agréable… L’image des deux adolescentes de la veille me hante toujours alors je décide de dresser un profil de touristes qui commencent à envahir la place. Des familles, de vieux couples, des jeunes qui on l’air complètement défoncé par un bon joint marocain, et des hommes seuls… Que vient faire un bonhomme seul à Marrakech si ce n’est pour… Je n’ose même pas y penser… Bon oublions tout cela… Le reportage de M6 commence à me jouer des tours…. 

 

Apres un diner sur une terrasse de Jamaa Lefna, nous décidons de partir en boite de nuit. On se retrouve dans l’une des boites les plus huppées de la ville… L’ambiance est un peu morose, pas d’alcool la nuit du Mouloud. On se pose avec nos boissons énergétiques profitant d’une piste quasi vide rien que pour nous. Soudain, le public change… des jeunes filles a moitie nus, vulgairement habillées commencent à débarquer… des groupies qui accompagnent des Gawris blonds aux yeux clairs qui empestent le vice et le fric. Autorisés à boire, eux, l’alcool commence à couler à fond. Le serveur ne fait pas de commentaire sur le fait que toutes ces marocaines descendent des verres de Whiskey ou de Vodka… Néanmoins, il n’hésite pas de faire la remarque au Gawri, histoire de se mettre quelques billets en poche. L’endroit devient malsain, je décide de m’assoir alors que je dansais gentiment sur la piste. Des homosexuelles s’embrassent sur le bar ; un jeune homme et littéralement entrai de déshabiller une fille, mon ami m’explique que c’est juste pour voir la marchandise… j’ai envie vomir, de crier ma rage, de comprendre pourquoi toutes ses filles et ses garçons se vendent de la sorte… Je prends mon sac et vais me refugier dans la voiture.  

 

Je suis une fêtarde comme on dit, j’adore la vie nocturne, les pubs, les boites de nuits… Combien de fois j’ai fait me mur pour me retrouver dans ces boites de nuits ou on l’on est a la merci de la musique ; ou on s’amuse à faire les cons avec ses amis ; ou on danse pour le plaisir de son amoureux et de sois même… Mais ce que j’ai vu ce soir était pire que ce qui se passe au Balcon 33.  

 

Le dernier jour je passe par le un club de loisirs à la sortie de la ville du côté des Palmerais . Il y a dix ans, j’y avais passé les vacances d’été avec ma tante et mes cousins. Encore une fois, à mon grand désespoir, l’endroit est devenu un lieu de vice de luxe. Des fauteuils en blanc ont remplacé les chaises en osiers, des lits immenses ont remplacé les relax, les toboggans sont devenus un moyen Xtrême de jouir des plaisirs de la chair… Les enfants qui barbotaient dans la piscine ont abondoné la place à des filles de moeurs légères se dorant au soleil avec un string pour seule protection, les familles ont laissé le champ libre à des hordes  de jeunes saouls et shootés à la blanche…La gentille jeune femme de l’entrée qui offrait des ballons à tous les enfants a cédé son poste à un videur qui fait peur même aux adultes .   

 

Je n’en pouvais plus de ses images de cette jeunesse perdue … Je ne pouvais pas croire que mon pays était devenu la nouvelle Thaïlande… Plus proche et moins chère… Où sont les autorités ??? Où sont ces maudites estafettes qui m’arrêtent chaque vendredi pour me demander qui est jeune homme à mes côtés ??? Ou sont les merdeux de puritains qui nous rabâchent avec leurs valeurs et leur religion? Où sont ces Mme Tazi à la tête d’associations caritatives qui distribuent 2 culottes aux même orphelinats à chaque Achoura pour se donner bonne conscience? Où sont ces parents, ses profs qui ont lâché l’éducation et les valeurs  de nos enfants?   Où étais-je, pour ne pas voir cela venir et croire que mon pays pourrait atteindre ces 10 millions de touristes grâce à une infrastructure irréprochable et un personnel de qualité.  

 

Malheureusement, l’infrastructure, ce sont les hôtels qui servent de lieu de débauche  les boites et les cafés qui facilitent les rencontres. Le personnel est formé de notre magnifique jeunesse marocaine et bien sûr  de nos enfants

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
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Mercredi 29 mars 2006

Une journée comme les autres. Elle se réveille sans trop de mal, c’est normal, elle se couche tous les soirs avant minuit. Hé oui, le temps ou elle faisait la bringue pendant toute la semaine et bel et bien termine. Son reflet pale sur le miroir la fait sourire… elle se fait des grimaces… ça la fait rire encore plus. Elle pense au temps ou elle était enfant, quand elle avait ces 49 poupées soigneusement choisies avec son père dans le marché aux puces.

Elle s’habille, le noir a toujours été sa couleur préférée. Détrompez vous, c’est une jeune fille très joyeuse, mais elle aime le noir. Mais ce qui est formidable chez elle, c’est qu’elle porte toujours une choses qui sort du commun, une bague qui n’arrive pas jusqu'à l’extrémité du doigt, juste au dessous de l’ongle, des boucles d’oreilles dépareillées, des chaussettes de couleurs fluo. Elle déteste passer inaperçue, sans pour autant être attirante.

 

 

Son café au lait prêt, elle se pose devant sa fenêtre en écoutant de la musique. A ce moment la elle se souvient de tous ces moments ou elle a souffert et que la musique l’accompagnait, la faisait sourire. Un jour, un ami a elle lui avait dit que son sourire illuminait la pièce… elle sourit. Elle est de bonne humeur, comme presque tous les matins. Elle déboule les escaliers en fredonnant, en franchissant la porte de l’immeuble, le vendeur de la mahlaba d’en face la regarde, et comme chaque matin, elle lui fait un beau « Sbah al khir, labass ?? ». Le brave homme lui répond avec un accent chelh très prononcé « Labass a lala »… ensuite elle sort la formule que son grand-père lui a apprise « Nharek Mabrouk »… le sourire ne la quitte jamais.

Ce matin la, elle décide de marcher, le soleil est agréable… au bout de quelques minutes elle se rend compte qu’elle commence a angoisser. Elle a entendu parler de la montée des agressions  à Casa, alors elle s’arrête net pour prendre un Taxi. Elle n’a pas envie de gâcher sa bonne humeur a cause de malheureuses craintes. Le taxi s’arrête. Un Salamou 3alikoum s’impose, mais ensuite elle enchaîne avec un Sbah al Khir… comme cela, tout le monde est content. Elle adore prendre les taxis à Casa. Le bonhomme commence à s’amuser avec elle, en fait, sa main était restée tendue même après qu’il se soit arrêté. Elle a toujours ses absences, quand elle se noie dans ses souvenirs agréables, et qu’elle les revit aussi intensément que si ils avaient eu lieu au moment même. Le souvenir que lui a fait rappelé le taxi est en rapport avec son ex. Ce jeune qu’elle voit à présent tous les 36 du mois était un jeune cadre dynamique de Casablanca… sans voiture. Ce qui fait que toutes leurs sorties se passaient grâce à ces petites voitures rouges. Elle sourit, le Taxi vient de lui raconter une blague, elle a peine écouté ce qu’il a dit, mais elle la connaît déjà, alors elle rit de bon cœur.

Elle est la première arrivée au travail… Ha non la femme de ménage est la… elle lui fait la bise a la marocaine, lui fait Souabe comme on dit. PC allumé, elle check son mail… et la énorme surprise, un mail auquel elle ne s’attendait pas. Une amie polonaise avec qui elle avait perdu contact depuis plus de deux ans. Les larmes aux yeux, elle lit le mail. Le contenu est encore plus stupéfiant.

Turquie, 3 années auparavant. Une marocaine et une polonaise se retrouvent a Istanbul, le temps d’un week-end pour visiter cette ville aux milles et une histoires. Pleins de péripéties aussi alarmantes qu’existentielles leur sont arrivés. Mais ce qu’elles ont retenu de ce voyage, c’est : la tolérance mutuelle. La Marocaine, musulmane de confession… La polonaise catholique pratiquante… toutes les deux se retrouvent au pied de la Mosquée Sultan Ahmet… plus connue sous le nom de La mosquée Bleue. La marocaine, prise par une soudaine envie de se recueillir dans ce havre de paix, propose à la polonaise de visiter l’endroit de l’intérieur. Dans un souci d’économie, elles passent par la porte de prière, une jeune femme à la porte remettait des Tchadors pour les jeunes femmes dénudées dans cette journée d’été. Devant la beauté des lieux, en écoutant le Coran, la marocaine n’à pas pu s’empêcher de vouloir faire sa prière. Elle n’a pas l’habitude de la faire, mais à ce moment bien précis c’était comme si elle avait un besoin vital de la faire, de se retrouver avec son créateur. Alors, elle conseille à son amie de rester dans son coin pour ne pas déranger les gens qui sont entrain de prier.  Elle commence à prier, et contre toute attente, elle sent que la polonaise est à ses cotés, que la polonaise est entrain de faire les mêmes gestes qu’elle. Elle se concentre, jusqu’au bout. Prière finie… elle se tourne vers son amie, elle ne sait pas quoi lui dire, elle décide de se taire.

A la sortie : la polonaise la bombarde de questions
« Pourquoi tu as du te laver avant de prier, et pourquoi tu faisais tous ces gestes, pourquoi tu ne m’as pas parlé quand tu priais »
Au fond, la marocaine était toujours émue, sans savoir exactement pourquoi. De peur de lui donner des réponses trop évasives du genre « en Islam c’est comme ça et ce n’est pas autrement », elles se dirigent vers une librairie, achètent un Coran en anglais, et un petit livre qui explique le rituel de la prière musulmane.
Mais une question lui trottait toujours dans la tête : Comment une catholique pratiquante peut OSER faire ce qu’elle a fait, pourquoi de son coté elle se sent coupable à chaque fois qu’elle rentre dans une Eglise.


Elle décide de poser la question : Ecoute moi, je pensais que l’Islam était une religion de violence, où la femme n’a pas ses droits, ou l’être humain est condamné à mourir pour écraser les autres religions pour survivre. Cela fait quelques mois que je te connais, et je me suis rendue compte que j’étais complètement dans l’erreur. Alors, j’ai pris la décision de comprendre à travers toi, et je te remercie de m’en avoir donné l'occasion

Elle la regarde longtemps, elle a les larmes aux yeux… elles se font un gros Hug ;-) et elles continuent leurs balades, comme deux touristes paumées dans les rues d’Istanbul…

C’était la 5eme fois qu’elle lisait le mail d’un seul trait, et elle n’arrivait toujours pas à le croire. Son amie s’était convertie …

 

 

par Jihane publié dans : Nouv-elle
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Lundi 27 mars 2006

Bon, c'est juste un poste pour remettere certaines personne sur les Rail ;-)

Mon poste n'avait pas pour but d'attaquer ni d'insulter les Rbati, mais juste de parler de ce que j'ai vue, et de ce que j'ai vecu lors de ce concert. Alors pour ceux qui m'insultent directement sur mon blog sans aucune raison, je vous dis simplement, si vous etes tellement fier de votre Rabattitude, comme je le suis de ma Casattitude, creez vous un blog et arretez de squater le mien pour poster (en anonymes) vos commentaires denues de sens ;-).

A part ca vous me faites vraiment rire, surtout ceux qui ont le meme IP et qui postent des commentaires insultants sous des pseudonymes differents ;-). Autre chose, au lieu d'insulter, partagez avec nous vos impression de l'ambiance de Rabat  qui vous tiens tellement a coeur,. peut etre que ca aidera a nous rapprocher ;-)

Vive le Maroc

par Jihane publié dans : Coup de Gueule
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Mercredi 22 mars 2006

Samedi soir, concert de Hoba Hoba Sprit dans le plus grand Mall Marocain pour le profit d’une association caritative. En gros, tout pour me motiver a y aller.

Ma cousine de 15 ans à ma droite, ma meilleure copine à ma gauche, jeans et baskets pour un concert. Au départ, je pensais que la centaine d’adolescents boutonneux étaient dans le même endroit que nous parce que nous étions venues un peu trop tôt. Très vite je me rends compte que ces boutonneux voulaient eux aussi assister au concert.

Alors je vous passe  ceux qui n’ont pas encore mue, les gamines a moitie a poile et maquillées comme de ta3rijat… L’organisation étaient pour ; le moins « Mal organisée »

J’avoue, j'ai profite d’un piston de la part de Bsima qui nous a épargnée l’attente avec le reste de monde. Alors que le food court qui entourait la salle de concert était activement vide par les agents de sécurité, Bsima nous demande de nous mettre dans un coin en attendant ces instructions. Gentiment, on nous fait rentre dans une autre salle…. Celle-ci été remplie de pistonnes… du coup je me suis sentie moins coupable.

Avec un peu de retard, les spectateurs commencent à débarquer dans la salle, je suis stupéfaite par l'impolitesse de ces boutonneux... Tout le monde se rue vers les premières rangées, moi, je décide de m'installer sur les escaliers au fond la salle. Sur ces escaliers, une poignée de parents qui attendent que leur progéniture passe un bon moment pour servir de chauffeur...

Le concert commence... enfin la première partie...Le groupe Link introduit par une présentatrice qui articule le français très mal... Les enfants Cardiaqueles au lieu de Cardiaques... Vu que la musique était assez entrainante, je me mets à bouger dans ma place pour me chauffer. Entre temps, notre escalier était devenu remplie de boutonneux un peu plus âgés...ceux la avaient mue. Les gens venaient toujours, la moyenne d'âge plus élevée, les jupes plus courtes, les hauts plus moulants, les décolletés... bref un défilé de mode...

La je commençais vraiment a être dépassée par les événements. Dans mon esprit, Hoba Hoba Spirit était un groupe pour jeunes bourgeois rebelles... yak?? Un concert est par définition un événement ou on danse, on doit être a l’aise dans ses vêtements...Yak??? He ben non, les Rbati on décide que c'était un moyen de faire valoir leur snobisme et leur coin-sage encore une fois.

Je décide de ne plus regarder les gens. Mais très vite,  quand Hoba Hoba débarquent et que nous déboulons des escaliers en criant, sifflant, et sautant (oui oui tout a en même temps) je me rends compte que c'était nous qui étions scrutées. Ha ha ... ces Rbati. Hoba Hoba ont mis feu des les premières décibels, nous étions aux anges, on bougeait comme des furies dans pour autant que notre danse soit " Sexy"... ben oui on ne peut pas être Sexy en dansant sur Hoba Hoba, on se fait plaisir c'est tout. Entre le jeune homme a ma droite qui nous regardaient toutes les trois complètement scandalisé et qui très vite change de place pour ne pas être associes a nous pauvres sauvages, la jeune filles en face qui a oublie de mettre son pantalon et ne tiens même pas sur ces talons, la meute de jeunes hommes derrières nous qui n'arrêtaient pas de lancer des phrases  pour nous faire comprendre que nous étions des fille COOL, je décide de mettre en veille mon instinct d'observatrice et de vivre ce magnifique moment de musique.
 

Quand  Hoba Hoba entame la Chanson Casablanca, je crie " Vive Casa" pour revendique ma Casattitude. Du coup, tous les Rbatis qui nous entouraient se sont retournes, m'ont lance un regard de mépris....Alors nous éclatons de rire, ma cousine, ma meilleure amie, et moi même.

He oui chers Rbati, vous ne savez pas ce que vous ratez... Mais restez a rabat, c'est ce qui vous va le mieux.

Hoba Hoba Spirit sont une petite merveille... Bravo et merci

Essor et ces jeunes, bravo et continuez a faire ce que vous faites, pour le bien des autres qui en ont besoin.

par Jihane publié dans : Observations...
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