Egypte Congo Merci le Caire pour ce beau spectacle.
Dans la liste des choses a faire avant mon départ… Assister à un match de football. Comme la Tunisie joue en dehors de Caire, je décide de prendre les billets pour Egypte- Congo.
Alors tout s’annonçait très mal, les amis qui devaient nous accompagner moi et mon amie Tunisienne nous ont posé un lapin. Je me suis retrouvée avec 4 billets dans les mains et une grande déception. Au lieu de me laisser faire, je joue a maghrébine qui sait ce qu’elle veut…Deux coups de fils, je dis a mon amie de se préparer et nous voila prêtes a y aller, avec trois garçons (pour la protection) et une collègue (voilée).
La voiture qui nous attendait ressemblait à une voiture de supporters égyptiens… Pleins de drapeaux qui dépassent des vitres….des visages peints aux couleurs égyptiennes… Rouge, blanc, et noire… des chapeaux, des écharpes, des tee-shirt… toute la panoplie de supporters.
Nos chapeaux sur la tête ;-) nous nous dirigeons vers le stade. J’avais l’impression que toutes les personnes dans la rue nous accompagnaient… à l’image des rues, le stade promettait d’être très chaud.
Je ne sais pas comment mes amis on trouvé la porte de la 3eme classe (les places les moins chers) et nous nous somme placés derrière une longue queue. Les maghrébines (moi et la Tunisienne) avaient déjà assisté à plusieurs matchs, L’égyptienne (voilée de famille aisée) vivait son baptême du foot.
Les maghrébines ont commencé a se demander si on n’allait pas faire deux différente queue : une pour les femmes, et l’autre pour les hommes. D’habitude, cette séparation les dérange, mais vu l’écrasante majorité d’hommes, ça les aurait bien arrangées (mauvaise foie féministe).
Ils passent plusieurs pseudo points de contrôle ou la seule chose qu’ils devaient faire c’est de montrer leur billet en levant les bras. Bonjour la sécurité. Sur le chemin, on sépare finalement les deux sexes pour une fouille au corps. A ce moment la, elles assistent a la désorganisation Egyptienne dans toute sa splendeur. Les femmes sont dirigées vers une petite cours, chacune était supposée rentrer dans une chambre pour se faire fouiller. Encore une fois les maghrébines profitent d’une situation qui les dérangent, ne subissent pas la fouille, et retournent pour retrouver les garçons. La voilée égyptienne les suit religieusement, après tous ces maghrébines sont habituées…
Nous entendons d’ici les cris de supporters. Nous prenons des photos…nous mentons une petite pente et la… Emereveillement, un stade magnifique, grand, imposant, bondé. Les maghrébines ne s’y attendait pas. Des supporters partout, des enfants, des familles entières, des groupes de jeunes armés de tamtams. L’ambiance est à son comble, seul problème, le match est dans trois heures.
Pendant ces deux heures et demie. Les maghrébines se sentaient un peu perdu. Le reste du monde applaudissait, chantait, mangeait. Chacune d’elle se sentait une peu coupable par rapport a leurs équipes nationales respectives, mais c’était un plaisir de voir les amis égyptiens heureux et confiants. Soudain, je me rend compte que Samira Saïd chantait en Egyptien, c’est elle qui chante l’hymne de la CAN 2006. Ca m’a fait un pincement au cœur.
Plus qu’une demie heure avant le début du Match, la foule se déchaîne. Apres quelques tentatives avortées, elle arrive à réussir une belle vague (hola) et à faire 5 tours. Une émotion incomparable. Un Tsunami qu’on voit arriver avec impatience et qu’on reçoit avec fierté. La fierté de participer a une joie collective.
Les supporters égyptiens ont été très décents. Pas un mot déplacé, pas un sifflet lors de l’hymne nationale du Congo. Mais une chose dérangeaient les magrébines, les slogans ressemblait a tout sauf a des cris de supporters de foot.
« Hopa He, hopa ha, inchallah 7anikssab » ou alors « Masr ( tam tam tam »
Mais ce qui était amusant c’est que ça ressemblait à une ambiance de cabaret, joviale et dénuée d’agressivité. Ils ne faisaient pas peur du tout, pas même à la poignée de congolais de l’autre cote du stade. Les supporters étaient la pour danser, pour s’amuser, pour éventuellement gagner… mais pas pour arracher cette victoire. Les maghrébines riaient et faisaient des vannes en français pour n’offenser personne, elles citent la fameux slogans maghrébins qui servent non seulement à encourager, mais aussi a attaquer l’équipe adverse, l’arbitre, la fédération.
Les deux équipes font leur entrée, le stade vibre d’émotion. L’Egypte rate des occasions en or, les maghrébines commence a dire des gros mots (dans leurs langues respectives… donc pas de problème), les égyptiens sont toujours aussi décents. L’Egypte marque sur un penalty, tout le monde est heureux, tout le monde se prend dans le bras (pas entre sexes opposés). Euphorie générale, nous reprenons les chants à la Fifi Abdou (fameuse danseuse Orientale). Une autre série de vague réussi….Le deuxième but… l’émotion est grande.
Les maghrébines sont emportées par l’euphorie de la foule. Elles se sentaient concernée par cette équipe qu’elles ne connaissent pas. Je me sentais pour la première fois proche de ce peuple, comme une égyptienne qui a grandit ailleurs. Le foot est un sport qui rapproche les peuples finalement, mais sous certaines conditions.
La deuxième mi-temps est un bonheur, nous savions que l’Egypte avait gagné donc nous retiens heureux et soulages.
Nous sommes sortis 5 minutes avant la fin du match. Nous avons senti les vibrations de la foule en délire quand le 4eme but a été marqué.
Agréablement surprises, les maghrébines l’étaient. Fier de son pays, la voilée l’était. Aux anges les supporter l’était.
Je ne sais pas si l’Egypte arrivera en final, mais ça serait cruel de décevoir un public aussi émouvant.